J'ai jamais aimé les cris, les hurlements, etc. ça m'empêche pas de crier loin de là. Sauf que qui dit dispute dit reproches, menaces, inquiétude, stress. Bref. Tout ce que je déteste. Mais ce que je hais le plus, c'est la peur qui me défonce ensuite le bide pendant toute la journée (ou la nuit au choix) et souvent la culpabilité de pas être en accord avec mon interlocuteur/interlocutrice et donc de risquer de le (la) décevoir.
Par chance, avec chaton ça n'arrive presque jamais mais lorsque ça arrive je me sens terriblement mal. Tout d'abord parce qu'en général si on se prend la tête c'est sur des trucs terriblement précis (ou stupides), mais en plus parce que j'ai en permanence peur. Peur que le ciel me tombe sur la tête, peur d'avoir un arrêt cardiaque, peur qu'il me quitte, peur que la terre s'ouvre en deux. N'empêche je me dis que j'ai de la chance, parce que des fois j'ai envie d'hurler sur chaton et comme je le fais pas, ça nous évite pas mal d'engueulades inutiles, comme quoi, ça peut quand même être utile d'être un peu comme ça de temps en temps !
Bref.
Je suis une émotive. Et j'en ai pris conscience hier en regardant ce film (très drôle) appelé "les émotifs anonymes" avec Isabelle Carré et Benoit Poelvoord. Et c'est très triste de se rendre compte que je suis absolument comme ces gens anonymes là.
J'ai une incapacité totale à avoir des conversations normales avec des inconnus et même quand je les connais un peu j'ai beaucoup de mal à être naturelle. Quand je suis heureuse, je le suis énormément enjouée, pleine d'énergie. Quand je suis triste, je déprime, je pleure, je suis au fond du trou. Quand je suis en colère, eh bien c'est simple,je crie, sauf que le problème c'est qu'en général je ne dis absolument rien et je me tais. Pour ne pas provoquer un conflit, pour ne pas faire dégénérer la conversation parce que je sais qu'à la fin, immanquablement, je vais pleurer.
Je suis capable de demander mon chemin dans la rue mais il faut que je fasse un gros effort et faire comme si ça n'était pas moi qui parlait. J'ai eu beaucoup de mal à réussir à appeler les personnes pour des entretiens. A chaque fois que je passe un examen je suis mal à l'aise et à cause du stress j'oublie souvent la moitié des trucs. Heureusement, j'ai des facilités et ça m'a sauvé la mise à maintes reprises.
J'ai une susceptibilité proche de l'extrême. Quand ça me concerne, je ne supporte pas la moindre remarque sur moi et même quand ce sont des blagues, je met du temps à les comprendre et je me vexe. Ce qui est totalement nul en soit mais je n'y peux rien. Pour le moment ça s'arrange, mais quand j'étais petite, une vrai catastrophe. Dès qu'on me critiquait il y avait deux situations de crise :
a) je boudais
b) je pleurais (je pleure toujours)
c) je criais (ça dépend avec qui mais ça aussi je le fait encore)
Très sympathique pour les gens autour. Alors à force, j'ai appris à dissimuler cette partie de moi. Je ne la montre pas parce que j'ai trop peur. Trop peur qu'ensuite on me regarde comme une espèce de chiante à qui on peut rien dire. Du coup quand ça arrive, je prend sur moi, je me tais, je ne dis rien, je suis sage et je me force à ne pas m'énerver. Et pire que tout, je suis totalement incapable d'envoyer chier quelqu'un, de me mettre en colère, de répondre, d'assumer mes choix.
Comme dirait l'autre "chez l’opossum, la lâcheté est une forme de courage"...pourquoi je suis pas un opossum ?!!! Enfin bref, il a fallu faire avec. Du coup en général quand je m'engueule avec quelqu'un (mis à part mes parents je ne sais pas pourquoi et encore, des fois ça le fait) ça donne ça :
" - tu fais chier ! De toute façon t'es comme ça, comme ça et comme ça !
-...euh...
- et en plus t'es tout le temps comme ci et puis t'arrêtes pas de faire les choses comme ça ! Vraiment c'est chiant !
- oui mais...
- Non mais en plus tu vois, on dirait que tu t'en rend pas compte que t'es comme ça et comme ça !
- ...
-...
-...
- Et tu dis rien ?
- Bah qu'est ce que tu veux que je te dise ?"
Maintenant refaisons la conversation avec mon fort intérieur :
" - tu fais chier ! De toute façon t'es comme ça, comme ça et comme ça !
- mais tu m'emmerdes putain. Toi aussi t'as des tas de défauts, est-ce que je te les crache à la gueule pour autant moi ?
- ouai mais en plus t'es tout le temps comme ci et puis t'arrêtes pas de faire les choses comme ça ! Vraiment c'est chiant !
- Ouai mais aussi à chaque fois que t'es dans la merde c'est moi qui t'aide, pas tes connards d'amis qui se défilent et font comme si ils étaient pas là et c'est aussi moi qui t'aide quand tu rame dans un truc et je suis désolée d'être comme ça mais c'est la vie. Si t'es pas capable de regarder autre chose que mes défauts tu te casses tout de suite.
-...
-...
-...
- Et tu dis rien ?
- Si : tu m'emmerdes. Fin de la discussion"
....
Et sauf que bien évidemment ça n'arrive jamais parce que je n'ai jamais le courage. Vous n'auriez pas des trucs ? Et d'ailleurs, à vous aussi ça vous arrive d'être comme ça ? Vous aussi vous êtes émotif anonyme ?

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire